03/08/2014

Tro Breiz 2014

Ça y est ! Je suis à Dinan, dans les Côtes d’Armor, pour débuter l’étape du Tro Breiz qui nous mènera à Vannes, soit plus ou moins 170 km plus loin vers le sud. Du moins si tout va bien, car je pars avec une blessure au pied pas encore guérie ! On verra bien !
Le voyage s’est bien passé… jusque de l’autre côté du pont de Normandie. Le samedi s’annonçait noir sur les routes, il le fut ! Bouchons et draches internationales me souhaitent la bienvenue dans l’autre pays de la pluie. Je réussis à surmonter l’épreuve. Surtout que cela semble encore plus pénible dans l’autre sens.

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 Pour ma part, j’ai eu droit à quelques bonnes draches me souhaitant sans doute la bienvenue dans l’autre pays de la pluie. On roulait parfois au pas, mais au moins on roulait !
L’arrivée à Dinan me réjouit. Là, tout s’enchaine comme d’habitude : recherche du point d’hébergement… Pas encore ouvert… Petit tour en ville, petit détour par un centre commercial où j’achète une veste de pluie que j’ai oubliée et une paire de lunettes que j’ai cassée ! Sans elle, même pas la peine d’essayer de lire mes cartes !
Après réception des documents concernant le parcours et des tickets pour les repas de la semaine, je m’offre une nouvelle petite balade dans la ville que j’ai déjà visitée de fond en comble l’année passée, puis retour par des petits chemins détournés et par des cafés inconnus des parcours des touristes.

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Je termine la soirée dans un petit bistrot pas très loin de l’hébergement. Premières parties de rigolade aussi avec les clients lorsque l’un d’eux déclare que des d’jeuns ont trouvé le moyen de fumer du  hortensia pour remplacer le cannabis ! Lorsqu’on sait que ces fleurs font partie de tous les décors des jardins et des parcs en Bretagne, on se dit que les massifs fleuris vont rapidement disparaître !!! Sont fous ces bretons !

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 Après une nuit tranquille, nouveau souci ! J’ai juste de quoi faire chauffer une petite gamelle d’eau pour me préparer un café ! Plus de gaz !  Comme on est dimanche, inutile de chercher à en trouver quelque part aujourd’hui.

Je ne sais pas pourquoi, le réveil est pénible.

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Après être allé entreposer le mobilvouac dans un parking sécurisé des quartiers de l’ancienne caserne du 10ème de Cavalerie, je prends le départ de l’étape la plus longue du parcours : 28,5 km ! Avec 18 kg sur le dos et une journée qui s’annonce particulièrement chaude, je me dis que je ne suis pas au bout de mes peines, mais aussi que j’ai bien fait de choisir de voyager en solo, en partant bien plus tôt que les autres et selon mon propre itinéraire qui ne diffère en fin de compte pas beaucoup de celui de l’organisation !

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Cela me permet également de faire quelques petits détours pour aller visiter l’un ou l’autre endroit intéressant.
A une dizaine de km de Caulnes, fin de la première étape, première erreur de parcours ! Il faut avoir constamment un œil sur la carte si on ne veut pas rater une bifurcation. Pas très grave, mais difficile de se repérer dans le creux d’un vallon. Je grimpe sur la hauteur la plus proche et de grandes grues dans le lointain m’indiquent la bonne direction. Du moins en principe parce que je me dis qu’il n’y a aucune raison que des entreprises utilisent de tels engins de chantier ailleurs que dans de grandes villes ! Un peu plus loin, j’arrive à me repérer sur la carte. Ouf ! j’ai pris la bonne décision !

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 J’arrive donc à Caulnes assez tôt malgré les petits « détours » qui offrent de beaux points de vues touristiques mais qui allongent quelque peu le parcours (33 km à mon avis) et fonce vers le terrain de sport pour y planter ma tente, faire un brin de toilette et me changer. Premier arrivé, premier installé.  Hélas, impossible de prendre une douche tant que les organisateurs ne l’ont pas décidé ! Faut dire qu’avec une petite dizaine de douches pour quelques 800 campeurs (et je ne parle même pas des toilettes !), il ne s’agit pas que le premier arrivé gaspille toute l’eau chaude ! J’ai quand même la permission de prendre de l’eau dans une cuisine qui est mise à la disposition des bénévoles s’occupant des infrastructures.
En les voyant monter des auvents pour la vente de boissons et de petite restauration, je me dis que nous n’avions pas cette chance l’année passée ! Mais nous n’en sommes pas encore là. Rien n’est encore prêt !
Comme d’habitude, le point d’hébergement se situe assez loin du centre : 1,5 km C’est en m’y rendant que je comprends le pourquoi du comment des stands ! Nous sommes dimanche en début d’après-midi et tout est fermé ! Bon sang ! J’avais pas pensé à cela. Je visite le coin dans l’espoir de trouver quelque chose d’ouvert qui vend n’importe quel liquide potable ! Rien !
Retour au bivouac (1,5 km) pour trouver un peu d’eau. Toujours rien de prêt. Reste la cuisine où en ouvrant une armoire afin de trouver un verre je tombe sur des bouteilles de pastis ! Vade retro satanas ! Je résiste à la tentation et me délecte d’un litre d’eau de robinet. Bon Dieu que c’est bon !
Les premiers pèlerins commencent à arriver et récupèrent leurs valises et tentes dans les camions prévus pour leur transport ! J’en profite pour y récupérer mon kit-bag avec tout ce que je ne sais pas emporter dans le sac à dos ! 18 kg, ça suffit ! Faut pas pousser non plus ! Le Tro Breiz, c’est quand même pas la marche pour le Képi Blanc ! Je continue donc mon installation en montant mon lit de camp (bin oui, moi aussi je deviens vieux !) et en aménageant ma superbe tente (merci Tony) bien à l’abri dans un coin protégé par des haies entre lesquelles je peux tendre une corde pour faire sécher mon linge lavé dans mon bassin de toile !

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Je retente ma chance dans le centre du bourg (1,5 km) et fait ainsi la navette dans les rues jusqu’à ce que je trouve quelque chose d’ouvert ! Le premier ouvert sera un petit resto sur la route de la gare où je me renseigne sur les horaires de bus se rendant à Dinan à la première heure demain matin ! On ne sait jamais s’il me prend l’envie d’aller rechercher le mobilvouac pour y dormir les prochaines nuits !  Je pars vérifier sur place : premier car vers 7 heures et quelques minutes, arrivée plus ou moins ½ heure plus tard, le temps de récupérer le mobilvouac et de revenir, je devrais être dans les temps pour prendre le départ avant la foule !
Retour au hall sportif. J’y dégusterai donc avec plaisir mes premières bières ainsi qu’une excellente galette-saucisse qui me change des habituels pains-saucisses belges.

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C’est là que je rencontre Michel. Un brave, un incontournable, un mordu du Tro Breiz depuis qu’il s’est pris d’affection il y a quelques années pour ce pèlerinage ! Faut dire qu’il s’intéresse, humainement parlant, à tout le monde ! Si vous êtes dans un rayon de deux mètres autour de lui, vous ferez forcément sa connaissance ! En prenant un pot ensemble, j’apprends par lui pas mal de choses sur ce pèlerinage !
Je repars dans le centre (1,5 km) où entre temps la foule des pèlerins est arrivée aussi ! Vu les fortes chaleurs de la journée, ils ont pris pas mal de retard sur l’horaire, sont presque aussi déshydratés que moi à mon arrivée et se précipitent sur tout ce qui se boit ! Heureusement, quelques bistrots viennent d’ouvrir !  Nous sommes sauvés !
C’est dans l’un d’eux que je retrouve Michel. Habituellement, les rencontres, c’est pas trop mon truc, mais le gars est tellement sympa avec un sens de l’humour que j’apprécie, que je passe une bonne partie de la soirée à boire des pots (dont des picons-vin blanc inconnus dans le coin) en sa compagnie et celle d’autres personnes se joignant à nous. Faut dire qu’avec ma tronche et mon sac à dos, certains me reconnaissent bien plus facilement que moi d’eux!
Mais bon, il est temps de rejoindre en ville la salle des fêtes pour le repas du soir : salade melon pastèque, couscous de volaille, dessert, fromage, vin rouge. Pas mauvais !

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Après un dernier petit tour en ville (3 km supplémentaires) , retour au hall des sports pour y voir les danseurs de fest noz évoluer au son du biniou. Du moins, ceux qui ne sont pas encore trop fatigués par cette journée éprouvante ! Pour ma part, je me contente de quelques chopes digestives en faisant des photos !!!  La danse, ça n’a jamais été mon dada ! ;-)

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A voir le nombre de personnes qui attendent pour utiliser les quelques toilettes à disposition et le nombre de paires de chaussures qui s'entassent dans le hall de la salle d'hébergement commune, je pense que je ne suis pas le plus à plaindre ! Et je ne parle même pas des prises électriques squattées par des dizaines de gsm et de gps !

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Il est ensuite temps de regagner mes pénates pour y passer une bonne nuit revigorante !
Hélas, premier arrivé, premier installé, ne signifie pas premier content ! Y’a rien à faire, je peux choisir n’importe quel emplacement, il y aura toujours un ronfleur pour venir s’installer à côté ! Un… ça va déjà pas ! Deux … ça va deux fois moins bien ! Trois… c’est l’horreur absolue !
Nuit difficile ! Pour couronner le tout, en me retournant sans cesse dans le lit de camp, il finit par se déchirer d’un côté. Toutes les demi-heures, la toile s’arrache de 10 cm supplémentaires. Ce qui fait que je passe plus de temps à essayer de ne plus bouger qu’à dormir ! Je lendemain matin, je suis par terre entre les deux bras du lit !
 C’est décidé, je m’en vais rechercher le mobilvouac ce matin !

 

22:30 Écrit par Codorando dans Marches 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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