26/05/2014

Corsica 2014

Ca y est ! Le jour tant attendu est arrivé !
Après avoir déposé le mobilvouac sur le parking de « Park&Fly » qui le gardera pendant 8 jours, la navette me dépose à l’aéroport de Charleroi. Je pars vers Figari, en Corse du Sud.
L’avion arrive un peu en retard. C’est pas bon signe.

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Nous arrivons juste à temps pour la liaison entre l’aéroport et Porto-Vecchio, point de départ du Mare a Mare sud que j’ai prévu d’effectuer, faute de temps en 5 jours et en zappant une étape qui fait une boucle vers le nord.
Première chose à faire : trouver un camping à mi-chemin entre la ville et mon point de départ du lendemain matin. Je jette mon dévolu sur le « Matonara », ce qui me permettra de ne pas être trop loin du centre !

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Après mon installation, je prends la direction de la ville !  C’est un peu tard pour trouver une petite bonbonne de gaz et les prix pratiqués sont, hélas, ceux d’une ville corse très touristique. Je décide d’être raisonnable et de ne pas céder de suite aux bonnes choses qui sont proposées ! Je me contenterai donc pour commencer de la pizzeria du camping où je dégusterai une excellente pizza «Matonara». Pour accompagner le repas, j’aurais bien aimé un peu de musique corse pour commencer mon séjour, mais je me contenterai du King et de jazz ! Tant pis, j’espère que ce sera pour plus tard .
Reste de la nuit un peu moins plaisante : le camping n’étant pas loin du centre signifie également qu’il n’est pas loin de grand’routes. Ce qui me vaudra toute la nuit le vrombissement des moteurs qui montent en puissance, manette des gaz à fond pour les motos, et pied au plancher pour les voitures des noctambules. Bref, je n’ai pour ainsi dire pas fermé l’œil de la nuit et au petit matin, je dois me passer de petit déjeuner !

Il est donc 08:00 lorsque le prends le départ de ma première étape.
La première partie est un peu triste. Moi qui n’aime pas trop les routes goudronnées, je suis servi. C’est difficile, mais moins que ce qui m’attend !

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Et ce qui m’attend, ce sont des dénivelés positif passant de 0 à 1000 mètres rien que sur cette étape et avec un sac de 17 kg.
Bien entraîné, j’ai parfois eu du mal avec le même poids lors de mes marches précédentes, mais là, j’avoue que c’est une des plus dures que j’ai eu à subir.

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D’autant plus que pour ne pas changer mes habitudes, j’ai oublié quelque chose dans le mobilvouac : mon chapeau ! Quelques jours auparavant, la météo prévoyait 14 à 16°. On les dépasse largement, hélas pour moi. Le palpitant commence à faire des siennes. Dans les côtes, et il n’y a que des côtes, je dois m’arrêter tout les 50 mètres pour reprendre mon souffle. Bref, je mets bien plus de temps que celui que j’avais prévu et ma poche à eau est vide. J’ai mal au crâne et je suis pris de vomissements.  J’arrive à L’Ospedale avec un essuie trempé dans un ruisseau autour du cou, exténué. Je suis occupé à m’offrir une bonne insolation pour commencer mon séjour !

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Le gîte de Cartalavonu, où j’ai prévu initialement de m’arrêter,  est encore à ½ heure de marche, mais je préfère ne pas pousser le bouchon un peu trop loin. Je préfère passer la nuit ici et le nouveau jeune tenancier du restaurant « U Fontanonu » qui jouxte la fontaine où je me suis arrêté m’indique une maison qui accueille les touristes de passage. Deux autres randonneurs belges aperçus dans l’avion, mais qui ont passé une meilleure nuit que moi dans l’autre camping de Porto-Vecchio (bin oui, pas de pot pour moi !) arrivent à la fontaine et attendent tout un groupe qui doit arriver avant de continuer vers le gîte. Je me dépêche d’aller réserver une chambre à l’Uspitaghju, au cas où quelques-uns d’entre eux seraient dans le même état que moi !

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Excellent accueil par Nadine, qui tient cette jolie petite maison d’hôtes impeccablement. Une belle grande chambre tranquille où je ne doute à aucun moment de passer une excellente nuit, m’y attend ! En me renseignant auprès de mon hôtesse pour savoir si des bus sillonnent la région, et au cas où mon état physique ne s’améliorait pas un peu, elle m’apprend que le lendemain matin, elle et son mari Dominique se rendent à Propriano en voiture et me propose de me déposer à Levie, mon point d’arrêt suivant ! Une chance pareille ne se refuse pas et j’accepte avec plaisir. D’autant plus qu’à la vitesse où je marche, je me dis que les endroits que j’avais prévu de visiter sur mon parcours seraient fermés à l’heure où j’arriverai ! Le choix est vite fait ! Tant pis pour le Mare a Mare ! Il n’aura pas ma peau demain !

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Sur les conseils de la dame, je me laisse quand même tenter par une petite ballade du côté du lac de l’Ospédale, à quelques kilomètres de là, avant de revenir prendre une bonne douche et de redescendre au restaurant où je me régale d’un très bon menu composé de porc corse mijoté à l’ancienne accompagné de grosses frites comme ils en ont l’habitude dans la région.

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Contrairement à ce que j’espérais, la nuit sera une fois de plus très difficile. Au moindre de mes mouvements dans le lit, je suis pris de crampes qui m’obligent à me relever. Les orteils, les mollets, les hanches et même des muscles du dos que je ne connaissais pas, tout y passe ! Vers deux heures du matin, cela se calme un peu et j’arrive enfin à m’endormir.
Le lendemain matin, un excellent petit déjeuner me redonnera un peu le moral. Départ avec mes hôtes vers 10:30 ! Bon sang, comme cela parait court et facile en voiture !
Arrivée à Levie vers 11:00. Inutile de me présenter maintenant au gîte d’étape du coin, je sais qu’il n’ouvre pas avant 16:30 et pas de camping dans les environs immédiats.
Lors d’un petit passage par un petit bistrot sympa où je prends l’apéro, le jeune patron me signale que sa grand’mère tient une maison qui loue des chambres aux randonneurs de passage. Je m’y précipite. Plus pour aller y déposer mon sac que pour me rafraîchir d’une bonne douche : j’ai pas vraiment transpiré ce matin ! Je trouve enfin un petit magasin pour y acheter… un couvre-chef ! J’ai le choix entre un chapeau de paille genre panama, une casquette Nike et une casquette Corsica ! Je vous laisse deviner mon choix !

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Comme prévu la veille, mon Mare a Mare sportif se change en Mare a Mare touristique culturel. Je pars visiter le beau musée de l’Alta Rocca qui retrace l’Histoire de la région depuis le VIIIe millénaire avant notre ère jusqu’au Moyen-Age.
Les sites archéologiques de Cucuruzzu et de Capula ne sont qu’à quelques kilomètres. Je fais donc un aller-retour pour les visiter.

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Je me dis que si les hommes de l’âge du bronze qui ont érigé ces constructions étaient corses, leur réputation actuelle ne prend pas naissance à cette époque-là ! Quel boulot pour ériger ces places-fortes !
De retour en ville, je déambule de bistrot en bar et de bar en café. Si j’ai pu trouver une casquette, toujours pas moyen de trouver une petite bonbonne de gaz. Une fois de plus, je me rabats sur un petit resto où je déguste de l’agneau accompagné d’une poêlée de légumes méditerranéens !
Je préfère vous passer les détails sur le fait qu’en partant, j’oublie de payer mon addition. Merci les Pietra, Cap Corse et autres pastis ! Je présente au patron mes plus belges excuses et il n’a pas l’air ne m’en tenir rigueur. Mais je me dis quand même que je suis passé à deux doigts de faire connaissance avec une autre coutume du pays : la « vendetta » !

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L’heure est venue de retourner au musée pour l’inauguration d’une petite expo temporaire sur les délices corses et un spectacle qui nous propose des chansons du pays et un personnage assez étonnant , Ibrahim Tanoura Hassan, danseur oriental qui a plus du derviche tourneur que du danseur d’opéra ou de tango ! Un quart d’heure à tourner et virevolter dans des jeux de lumière sans interruption ! Vraiment époustouflant !

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Mais il commence à se faire tard et vers 23:00 je prends le chemin de mon lit !
Nouvelle nuit difficile. Problèmes gastriques ! Des effets de l’insolation du premier jour sans doute !
Je résiste pourtant à la tentation de zapper complètement l’étape du jour et décide de rejoindre Sainte-Lucie-de-Tallano par la route plutôt qu’en passant par le chemin vers Serra-di-Scopamène. Ce sera moins pittoresque, mais certainement plus rassurant au cas où il m’arriverait quoi que ce soit !

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Sainte-Lucie est un très beau petit village où le touriste est un peu plus présent que dans les villages précédents ! Le village est ancien, avec quelques sites intéressants à voir, et les commerces y sont nombreux. Je raterai toutefois le moulin à huile et les bonnes choses proposées par son propriétaire : il est fermé le dimanche.

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Vers 13 :30, je me restaure de cannellonis au brocciu avant d’aller déposer mon paquetage au gîte de Mr Doumé où il était effectivement prévu que je m’arrête ! Le soir, une entrecôte accompagnée de frites, hélas sans légumes, me feront un peu oublier les repas corses traditionnels précédents pour me faire penser un peu plus à la Belgique.

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Pour changer un peu, j’ai passé une bonne nuit !
Nadine, ma logeuse de la première nuit m’avait annoncé une belle étape à ne pas rater et Doumé m’a prédit des orages. Tous les deux auront raison !
Jusqu’à présent, la première étape avait été la plus difficile ! J’ai bien écrit « jusqu’à présent » !

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Peu après le début du parcours, je suis déjà mouillé jusqu’aux os ! L’eau serpente en ruisseaux parmi les roches du chemin et poser le pied sur l’une d’entre elles devient délicat.

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La prudence est donc de rigueur. Et comme j’adore (?) la difficulté, je me paie en supplément le « luxe» d’une erreur de parcours, entrainant dans mon sillage trois autres randonneurs qui me suivaient aveuglément ! Tant pis pour eux ! N’avaient qu’à faire attention ! Je les attends pour le leur signaler et ils décident de rebrousser chemin pendant que je continue… pour voir, comme on dit au poker ! Bin c’est raté ! Je vois bien un village sur ma droite, mais il me parait quand même un peu plus important en superficie que Fozzano, ma destination suivante. Je prends quand même le risque de passer une clôture me barrant le chemin jusqu’à ce que de braves vaches me barrent le chemin !

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Je me dis que si un fermier du coin m’aperçoit dans sa propriété, mon compte est bon et je serai enterré ni vu ni connu en Terra Viggiano. Faut pas titiller les fermiers corses. Je sais qu’en continuant, même si le trajet est un peu plus long que prévu, j’arriverai à une route, mais je décide sagement de faire demi-tour jusqu’à une barrière ouverte sur un champ qui me donne accès au bon versant de mon itinéraire ! J’arriverai à Fozzano avant les malheureux qui avaient rebroussé chemin jusqu’au bon embranchement. Comme quoi ... !

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En attendant, ma poche à eau est vide ! Je résiste toutefois à me réapprovisionner aux sources indiquées sur ma carte et à celles rencontrées en chemin. Vu l’état des chemins parsemés de bouses de vaches, de crotins de cochons et des restes de l’un d’entre eux, je me dis que ce ne serait pas une bonne idée ! Un problème gastrique par séjour suffit !

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J’arrive à Fozzano trempé comme une soupe. C’est un petit village sympa avec un restaurant, un petit snack, une épicerie, mais pas d’hôtel, ni camping. Par contre, à l’arrivée du chemin, à l’entrée de la commune, un panneau indique une possibilité de logement pour les marcheurs souhaitant s’y arrêter ! Plutôt que de continuer sur Burgo où à part le gîte d’étape, il n’y a rien d’autre dans les environs, je décide d’y faire halte et pars donc de suite à la recherche du logement en question en passant me renseigner à la mairie.

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Ma logeuse, Marie Antoinette, m’y rejoint et m’indique l’endroit. Gilles, son mari, m’accueille donc chez lui à mon arrivée et me propose trois étages d’une petite maison toute en hauteur, avec tout le confort possible pour y loger 6 personnes ! Je n’en demandais pas moins ! Ajoutez à cela un prix défiant toute concurrence ( le moins cher de tout mon parcours si j’excepte les campings), je suis aux anges ! Le temps que le boiler de la salle de bain au sous-sol fasse son office, et me voilà tout propre ! Bon sang que cela fait du bien après une journée aussi dure !
Vers 17:00, le soleil refait son apparition.
Je fais pour ma part la même chose à la petite épicerie pour me ravitailler en eau (pour remplacer la bouteille mise à disposition dans la cuisine), en saucisson, une boite de thon à la parisienne (y’avait pas à la fozzanienne !) et en vin. Comptant bien faire une petite apparition au snack fermé à mon arrivée, une petite bouteille de 25 cl suffira pour l’apéro ! Une gazinière est à ma disposition, j’aurais enfin le plaisir de m’alléger d’une de mes rations !  Avant le repas, une petite visite du coin s’impose. J’en profite pour me débarrasser de chaussettes et d’un caleçon bien mal en point ainsi que d’autres bricoles devenues inutiles en cette fin de voyage !  Le village n’étant pas très grand, par deux fois mes pas m’amèneront du côté du bar, mais pas de chance, j’y trouverai toujours porte close ! Tant pis ! Je me contenterai des 25 cl de l’apéro, du repas conséquent et trouverai ensuite rapidement un peu de réconfort dans le sommeil !
Nuit impeccable ! Je quitte le gîte, sans avoir oublié de saluer mes hôtes, vers 07:30.
Le départ réel s’effectuera plutôt vers 08:00. Je comprends mieux les marcheurs continuant vers Burgo la veille et qui cherchaient pour la plupart leur chemin dans ce petit village où les peintures balises jaunes du chemin sont absentes sur les murs et panneaux indicateurs. D’un autre côté, quand les gens d’un village ne profitent pas des retombées économiques d’un chemin de randonnée, on peut les comprendre aussi !
Ceci dit, une fois compris qu’il est inutile de chercher son chemin sur les infrastructures, avec ma carte et ma boussole, la bonne direction est rapidement prise !

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Le trajet jusqu’à Burgo est une fois de plus très pentu, mais je l’effectue « rapidement » ! La fin du parcours me donnant sans doute des ailes ! Je m’autorise quand même un arrêt au gîte d’étape pour y déguster un coca bien frais ! Je pensais sincèrement que dans ce petit coin perdu, qui ne semble même pas être un village, je ne trouverai rien.

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En fait tout se trouve dans le gîte lui-même qui a plus l’aspect d’un hôtel que d’un simple gîte d’étape. C’est d’ailleurs le plus important du parcours puisque situé à l’embranchement de plusieurs chemins de randonnée ! Avec bar, restauration, petit magasin de souvenirs et tout le toutim. Mais comme tous les gîtes d’étape sur le Mare a Mare, encombré de touristes motorisés de tout genre qui se paient ainsi dans ces « hôtels pas chers » des vacances à petit prix ! Si on y ajoute les randonneurs qui voyagent léger en faisant véhiculer leurs bagages d’étape en étape, on peut comprendre que ces endroits sont parfois encombrés dès la moyenne saison ! Je suis donc assez content de mes choix précédents !

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Pour le dernier tronçon de Burgo à Olmeto, j’ai le choix entre le chemin au nord et la route au sud. La distance étant à peu près équivalente, j’opte pour la route du sud qui me fera passer par une petite chapelle San Michele !
J’ai beau la chercher, me renseigner, prendre tous les petits chemins qui se trouvent sur ma droite et revenir sur mes pas ensuite, je ne trouve que des propriétés avec des interdictions de passer ou des sentiers sans issues !
Après une heure à ce rythme, je n’insiste pas ! Tant pis ! Saint Michel ne m’en voudra pas d’avoir essayé sans le trouver !

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J’arrive à Olmeto par le sud, donc par le bas de la route qu’il me faut gravir ensuite en faisant un long détour ! Mais pour arriver au centre, il me faut encore traverser le village par la route du bas et tout remonter ensuite dans l’autre sens ! Dur dur d’être si près du but sans pouvoir accéder directement ! Heureusement, je trouve une source où je peux me désaltérer de deux jus de pamplemousse ! Bin ouiii… c’est possible !

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La préposée à l’office du tourisme m’indique sur une carte le petit hôtel que fait office de gîte : L’Aiglon ! De toute façon, il n’y a rien d’autre ! Et moi, du moment où je suis seul, je prends ! J’y arrive juste avant la fermeture de l’après-midi.
Le temps de prendre une bonne douche et je repars pour « La Source »pour y déguster un bon melon au jambon corse. Accompagné d’un verre de rosé bien frais, je me régale. C’est tout ce qu’il me fallait pour me retaper un peu.
Je prends ensuite un peu de temps pour visiter la petite ville qui a bien changé depuis ma dernière visite… il y a 40 ans ! C’est bien simple, je n’y reconnais rien et je dois me renseigner auprès des anciens du coin pour retrouver l’endroit où se situait la petite pizzeria et l’appartement où mon amie de l’époque, ainsi que sa tante et moi-même étions invités par les propriétaires. Quand je vois ce que le village est devenu, je me dis que je suis content d’y être passé à une meilleure époque qu’aujourd’hui !

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Retour ensuite au bar du gîte pour une petite conversation amicale avec le patron ! Des randonneurs arrivent ! Pas pour loger, mais pour attendre le bus qui les emmène plus loin. Ne voyant personne au comptoir, une dame qui doit se rendre aux toilettes me demande de commander pour elle un café lorsque le tenancier sera de retour !! Un autre « marcheur » commande une bière en bouteille avec un verre… car il n’est pas seul !!! A l’accent, je reconnais une fois de plus des belges ! Je crois rêver ! Je ne suis plus surpris de l’image qu’ont de nous les gens des pays où nous allons en vacances ! Après les GR internationaux comme les chemins de Compostelle et le GR 20 devenus des usines à touristes, la contamination « club med » où tout est organisé, atteint peu à peu tout le reste ! C’est bien triste !

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Pour le repas du soir, ce sera un sauté de veau dans le resto du village tout près du gîte ! Chez Antoine, qui élève ses propres bêtes et qui n’en est pas peu fier ! Le rapport qualité-prix défie toute concurrence et le monde qui remplit peu à peu son établissement en est la preuve ! Même sans Guide du Routard sous le bras, le digestif m’est offert !
Nouvelle nuit sans souci !

Je quitte Olmeto pour Sartène. J’ai paraît-il un bus qui m’y mène 10:05, mais vu la circulation alternée dans le village, réglée par un feu tricolore qui arrête les véhicules pendant un bon moment, le tout est de savoir si on le prend à l’entrée du village ou à la sortie ? J’opte pour la sortie ! En face de La Source ! J’ai à peine le temps d’y boire un jus de fruits et de me poster de l’autre côté de la route que le bus arrive… avec ¼ d’heure d’avance ! Heureusement qu’on m’avait prévenu que les horaires des bus étaient souvent laissés à l’appréciation des conducteurs !
Passage par Propriano où il y a 40 ans je descendais en jogging pour prendre un bain dans le golfe avant de remonter de la même façon ! Aujourd’hui, je ne voudrais même plus y passer en voiture tellement c’est devenu touristique et embouteillé !

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En arrivant à Sartène, nous passons devant le camping où j’ai décidé de m’installer pour les deux dernières nuits de mon séjour ! Et je m’aperçois qu’il est situé bien loin de la ville ! Mais je suis résigné à m’y installer, c’est le seul camping du coin. Il me faut donc tout redescendre sur quelques kilomètres pour m’y installer… avant de tout remonter «à vide» pour enfin visiter « la plus corse des villes corses », comme aimait l’écrire Prosper Mérimée.

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Superbe place où trône le buste de Pasquale Paoli qui est, avec Napoléon et Tino Rossi, le troisième héros du pays ! Passage par la magnifique église Sainte-Marie qui abrite une croix de plus de 30 kg, portée chaque vendredi saint par un pénitent anonyme, cagoulé, vêtu d’un habit rouge et lesté au pied d’une chaîne de 18 kg qu’il traîne derrière lui lors de la procession du Catenacciu ! 

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Toujours pas trouvé de bonbonne de gaz ! Carrramba ! Encorrre rrraté pour mes rations lyophilisées ! La supérette du bas de la ville vend bien des articles campingaz, mais pas les recharges qui s’y adaptent !!! d’après la gérante il faut redescendre sur Propriano pour en trouver !  Non merci !
Je me contenterai donc d’une bouteille de rouge, d’un figatellu probablement fabriqué industriellement et d’un club sandwich au saucisson confectionné à la chaîne !  Je garde les sandwich pour demain matin ! Pour ce soir, il me reste également pour accompagner ma saucisse de foie mi-sèche et fumée, des canistrelli (biscuits typiquement corses) aux herbes du maquis ! 

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Je m’endors ensuite rapidement… jusqu’à 4 heures du matin, heure à laquelle la faim réveille sans doute les chats du domaine qui se mettent à pleurer pour quémander leur pitance ! Doivent pas vraiment aimer la chasse, ceux-là ! J’aurai droit à la même sérénade à peu près toutes les demi-heures jusqu’à 6 heures, moment où les camions prennent la relève pour m’empêcher de dormir un peu plus !
D’un autre côté, cela me permet d’être levé tôt pour remonter faire un tour en ville avant que des hordes de touristes arrivent par bus entiers pour y passer une ou deux heures avant de continuer leur voyage organisé !
Par précaution, je vais prendre des renseignements à l’Office de Tourisme pour connaître l’heure d’un départ de bus en direction de l’aéroport de Figari vendredi matin ! Surprise, il n’y en a pas ! Voilà qui me tracasse un peu ! Il y a bien des bus qui vont de Sartène à Figari village, mais de là, il y a encore pas mal de kilomètres pour rejoindre l’aéroport ! De un, je n’ai pas vraiment envie de tenter l’expérience sans être certain d’arriver à l’heure, de deux, je n’ai pas envie non plus d’y arriver en transpiration avec des vêtements qui puent le bouc ! Le mieux, me dit l’une des hôtesses d’accueil, et après recherches par internet, c’est de redescendre sur Bonifacio et d’y prendre le lendemain matin la navette qui me déposera comme l’année passée au terminal !
Pour le moment, cela réduit pas mal mon emploi du temps à Sartène ! Heureusement, il me reste toutefois quelques heures pour visiter le magnifique musée départemental de préhistoire corse et d’archéologie de Sartène situé tout en haut de la ville !   

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Vers 13:00, il est temps de redescendre au camping afin de préparer mes bagages et de payer mon emplacement et de prendre congé de mon hôte !
C’est donc chargé comme un baudet que je remonte calmement la côte !

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16:15 je suis dans le bus pour Bonifacio où nous arrivons vers 17:40. Comme les places seront chères, je me précipite vers l’Hôtel des Etrangers, où je suis déjà descendu l’année passée lors de mon précédent séjour, et où je retrouve la même petite chambre. C’est plus cher que le camping pas très loin de là, mais l’accueil y est franchement plus chaleureux qu’avec le patron de la buvette pourtant joliment rénovée !
Après y avoir déposé mon sac à dos, je vais faire un tour dans la ville basse.
Elle me déçoit de plus en plus ! On y trouve de nombreux établissements pour gogos, des pizzaïolos sénégalais ou encore de jeunes serveuses en provenance directe de continent ! Et je ne vous parle pas des prix ! Je me demande s’il existe encore des restaurants typiques, tenus par des natifs de la ville et proposant de la vraie nourriture traditionnelle à des prix raisonnables comme ceux que j’ai rencontré lors de mon court séjour à l’intérieur de l’île ?
Comble de la chance, je trouve enfin une petite superette où je trouve une petite bouteille de gaz ! Un peu par dépit, mais surtout par provocation (dont tout le monde se fiche éperdument) j’en achète une pour me préparer un riz-bœuf agrémenté à la corse : j’y ajoute une bonne rasade de liqueur à la châtaigne qui en fera un plat « typique » tout à fait acceptable et qui a au moins le mérite d’être original et unique ! Je l’appellerai Bœuf à la castagna !

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Le reste de la liqueur passera en pousse-café sans café ! Pour la recharge de gaz qu’il est interdit d’emporter dans l’avion, je trouverai toujours quelqu’un à qui la fourguer !
Du coup, je passerai une des meilleures nuits de mon séjour ! Neuf heures d’affilée et d’une seule traite !

Comme il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, après un dernier petit tour matinal sur le port et un jus de clémentines dans un petit coin reculé tout au fond du port, il est temps de rejoindre la navette qui me mènera à l’aéroport.

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Après l’enregistrement des bagages, je me rends compte que j’ai oublié d’enlever la bonbonne de gaz de mon sac ! Bon sang, elle m’en aura fait voir jusqu’au bout celle-là !!!
Je me précipite à l’accueil pour leur faire part de cet oubli ! J’aurai ainsi droit à un double contrôle : le premier, avec la sécurité de l’aéroport pour aller la retirer de mon paquetage qui a, heureusement pour mon matricule, été intercepté avant contrôle, le second en même temps que les autres passagers ! Une chose est certaine : si quelque chose arrive lors de ce vol retour, je n’y serai pour rien !

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Tout est bien qui finit bien, mais je crois que je me souviendrai longtemps de ce voyage en Corse !
Une heure après l’atterrissage, après récupération du mobilvouac et lors du voyage retour au bercail, une drache nationale me tombe dessus !
Me souhaitant sans doute la bienvenue en Belgique !

10:56 Écrit par Codorando dans Marches 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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