22/05/2013

Mon petit raid de Corse 2013

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Un avion ?                                                                                                                                                   Ce n’est plus de la marche cela !?!!
Oui, je sais, mais parfois, pour sortir un peu des sentiers battus de notre pays, il faut bien s’en éloigner un peu !
J’arrive donc à Figari, en Corse du Sud, pour un petit périple dans ce magnifique pays.
Quarante ans après ma première arrivée en Corse pour réussir un raid qui termine le stage Commando, je suis de retour pour le refaire, plus ou moins en passant par les mêmes endroits.
Après avoir salué mes deux amies qui partent de leur côté faire un peu de tourisme, je prends la direction de Bonifacio à pieds. Il fait chaud ! Vraiment très chaud ! Et la route est longue. Vraiment très longue ! Dans mon sac à dos, 15 kg de matériel auquel il faudra encore ajouter 2 litres ½ d’eau !

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Quelques kilomètres après mon départ de l‘aéroport, un autochtone s‘arrête à ma hauteur. Il m’avait croisé quelque temps auparavant et s’était promis, me voyant chargé comme un mulet, de me prendre en stop à son retour !
Après s’être détourné un peu de son trajet initial, il me dépose exactement à l’endroit que je souhaitais: au camping l’Araguina. 

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Je commence par un petit tour à la buvette pour y déguster deux Serena, la bière blonde locale ! Puis, inscription et installation de la tente pour la nuit. Une première petite visite de la ville s’impose ensuite en commençant bien entendu par une magnifique vue sur les incontournables falaises qui la protègent.
Me voilà 40 ans en arrière, lorsque je les contemplais du même endroit !

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Au retour, je m’arrête dans un étonnant petit bar-resto creusé dans la falaise: le « U Veni Qui » pour déguster quelques Pietra, une ambrée à la châtaigne un peu plus costaude que la précédente ! Retour au camp et dans la tente vers 20:55 où les bières ne tardent pas à faire l‘effet escompté pour une bonne nuit de sommeil. 

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Le lendemain matin… dur, dur ! Les Pietra font un peu plus de mal que prévu et je n’ai pas beaucoup dormi: première nuit en Corse, premières grosses chaleurs et aussi premiers voisins ronfleurs !                                                                Le monde appartenant paraît-il à ceux qui se lèvent tôt, debout à 05:30. Lavage, etcétérage, rangement du matos et me voilà en route ! Le car qui me conduit à Porto Vecchio est déjà là, mais comme je dispose encore d’un bon quart d’heure, petit kawoua et jus d’agrumes dans un petit bar du port.
Trajet sans problème et après un changement de bus pour la direction de Solenzara, j’y arrive vers 08:50.

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Cette fois, ça y est ! C’est le vrai départ ! Et quel départ !
Dès la sortie de la ville, des côtes à tomber raide. De nombreux chemins ont été aménagés pour la circulation des quads et il est de ce fait assez difficile de s’y retrouver parmi ceux que je suis sensé emprunter, les anciens, les nouveaux, et ceux qui les coupent même en travers pour offrir un maximum de sensations aux touristes motorisés. Dans l’ensemble, je m’y retrouve: en me dirigeant droit vers les montagnes, je suis dans le bon !

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A Sepalu, au lieu-dit la « Maison Blanche », vielle bâtisse en ruines, j’ai un peu plus de difficultés. Le sentier que je dois suivre n’existe apparemment plus ! J’en aperçois bien le début, mais il mène tout droit vers un enchevêtrement d’éboulis, d’arbres abattus et de broussailles inextricables ! Inutile de prendre le risque de m’enfoncer là-dedans ! D’autant plus que j’ai oublié ma boussole ! Bin oui, y’a qu’à moi que cela arrive, cela ! Je continue donc tout droit avant de me rendre compte que ce n’est pas vraiment la bonne direction ! Je reviens donc sur mes pas, mais sur les conseils d’une joggeuse expérimentée qui s’entraîne dans le coin, je continue sur le détour énorme qui m’attend. Pas d’autre possibilité ! Ma poche à eau est presque vide et j’avoue que cela me tracasse un peu. Il me reste toutefois une réserve d’un demi-litre dans mon sac à dos. Au cas où…!

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Il faut dire qu’il fait très chaud et que par moments, il fait si étouffant qu’il me faut m’arrêter tout les 50 mètres pour reprendre mon souffle dans ces côtes qui me mènent en vue de Punta di Sorba (500 m). Vient ensuite le Col du Pré d’Agnellu… et puis plus rien, puisque je ne sais pas où je me situe exactement ! Je continue donc sur un « boulevard » qui, au vu des traces d’un engin chenillé que j’aperçois au sol, a été récemment aménagé, en me disant que si un tel engin a su venir jusqu’ici, c’est qu’un véhicule motorisé l’y a conduit par une route ! Une chance sur deux d’aller dans la bonne direction !

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Un peu d’inquiétude lorsque ce chemin descend vers une petite vallée alors que ma destination du jour se trouve sur les hauteurs, mais rapidement dissipée quand je m’aperçois qu’au fond de la petite vallée coule un petit ruisseau ! Il tombe à point au moins celui-là ! J’en profite donc pour remplir ma poche à eau en n’oubliant pas d’y ajouter deux comprimés pour la purification ! On ne sait jamais !

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Je n’en aurais toutefois pas besoin. Les premières maisons apparaissent enfin et avec elles un chemin goudronné ! Sur les poubelles conteneurs, un sigle de la commune de Solaro ! Yesss !
J’arrive à destination ! Le maquis corse n’aura pas ma peau aujourd’hui !
Dès l’entrée du village, une dame et son mari m’interpellent et se renseignent sur ma provenance. Du moins, ma provenance du jour, car à mon « léger » accent, elle a bien compris que je venais de Belgique ! Ils me proposent donc directement une bière ! Je refuse poliment en lui préférant une énooooorme carafe d’eau avec plein de glaçons ! Monsieur (qui est adjoint au maire du village) m’accompagne au gîte qui est malheureusement fermé pour cause d’anniversaire du patron et hébergement de plein de ses amis! Pas de chance ! Pas pour ses amis, mais pour moi !
Madame me propose alors la petite maison qu’elle met habituellement en location de vacances et qu’un couple de belges vient de quitter dans la matinée ! Y’a pas de hasards !
Je ne peux qu’accepter après cette journée difficile !

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Un ami de la famille arrivé entretemps et avec lequel on discute un peu de mon trajet du lendemain m’informe que l’itinéraire que j’ai choisi est un fameux détour par rapport à celui qu’il me propose ! Et pour nous le prouver, il nous emmène dans son 4X4 pour une heure de visite des environs sur des chemins aussi périlleux qu’impressionnants pour un non habitué de ces magnifiques forets !                                                                                                          

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Pour un peu, j’arrivais presque à ma destination du lendemain. Heureusement, un bulldozer de la commune bloque le chemin et nous oblige à faire demi-tour !
Après une petite visite du village, je rentre me changer, rédiger mes notes et me restaurer d’un bon hachis parmentier, lyophilisé, mais bien bourratif ! Voilà du poids en moins à porter demain !

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Nuit très calme dans un bon lit.
Premier couac de la journée lorsque je descend à la cuisine par un petit escalier assez raide. Je m’appuie sur une tablette qui bascule et renverse quelques bocaux qui y étaient déposés ! Un cendrier en verre se brise par terre, mais je réussi à sauver un bocal de pâtes et un autre avec quelques amandes ! Y’a plus qu’à remplir un bon d’excuse avant mon départ !
Petit déjeuner, toilette et départ vers 07:30. Avec les conseils et explications reçus la veille, cela devrait se passer sans trop de problèmes. Sauf que…
Sauf que l’itinéraire indiqué se situe pendant quelques kilomètres en dehors de ma carte et qu’il me faut y aller à la confiance. « C’est tout droit, tu suis la route principale » ! Une route en lacets et un semblant de chemin en ligne droite qui les traverse toutes, mais se révèle impraticable. Tant pis je suis le lacet ! J’imagine plus que je n’en suis certain où je me situe sur la carte.

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Voyant les heures passer, je commence à m’inquiéter un peu plus lorsque des véhicules 4x4 font leur apparition au pas d’homme sur les pentes que je gravis encore plus doucement. Un des conducteurs me confirme que je suis bien sur la route de Tova, avant de continuer sa route sans s’arrêter trop longtemps. Le gars me précise toutefois qu’il y a encore une trotte jusque là ! Je veux bien le croire. D’autant plus qu’ensuite, il me restera encore pas mal de kilomètres pour rejoindre les bergeries d’Asinau !                                                                                                                       

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A Tova, où je me retrouve en compagnie des « motorisés » pour qui c’est le bout de la route avant de faire demi-tour et de redescendre les pentes qu’ils ont grimpées pour venir, je passe un peu de temps à me ravitailler en eau fraîche au beau bassin aménagé, d’autant plus que je n’avais aucun souvenir de ce point d’eau, et à photographier les magnifiques paysages environnants. Au moment de repartir, je ne trouve pas les balises pour continuer. Un des motorisés m’indique la bonne direction en me désignant une belle petite côte qui monte vers la crête et me recommande de bien suivre le balisage jaune ainsi que les cairns, sortes de petits amas de pierres, sensés m’indiquer le chemin. « Vous en avez encore pour au moins trois heures », me précise t-il ! Je ne lui en demandais pas tant !

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Dure-dure, la grimpette ! Des rafales de vent me déséquilibrent régulièrement et avec mes 17 kg sur le dos ce n’est pas évident ! Heureusement que je me suis trouvé un bâton de rechange pour m’aider !
Après avoir « ballonné » en descendant et remontant dans un bois à la recherche des indications pendant près d’une heure, je les trouve enfin ! Sauf que…

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Sauf que la dernière escalade est encore plus raide que les précédentes, que le soleil tape toujours aussi fort, que mes mains sont brûlées et qu’au moindre buisson qu’elles frôlent, je souffre ! Je ne parle même pas des buissons d’épineux qui écorchent la peau tendue au maximum par le gonflement !
En arrivant sur la partie enneigée du versant qui me mènera de l’autre côté de la vallée, plus de cairns ! Ils sont probablement sous la neige ! Je passe donc tant bien que mal entre la roche et le névé pour contourner l’obstacle et retrouver enfin, après pas mal de temps perdu, le chemin supposé !

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J’arrive enfin sur la crête entre la Muvrareccia et la Tintennaja et du haut de laquelle je devrais normalement apercevoir mon but du jour ! Je n’en aperçois que la vallée ! C’est déjà cela !
Dans la descente, j’ai beau chercher, réfléchir, regarder, cela ne m’avance pas à grand-chose ! Des cairn, il y en a partout ! A croire que les gens qui y sont passés avant en ont construit également pour indiquer aux suivants où ils se sont perdus ! Pour m’embêter un peu plus, avec la fonte des neiges, des ruisseaux ont fait leur apparition un peu partout et il est difficile de longer celui que je suis sensé suivre pour arriver aux bergeries ! Je vais d’un côté, je vais de l’autre, je passe un ruisseau pour le retraverser un peu plus bas, un cairn m’emmène droit dans les matitis, et un autre me fait revenir en arrière, c’est vraiment pénible ! Près de 10 heures de marche et je ne sais toujours pas si je suis proche du but ! Le plus dur, c’est de ne pas pouvoir se diriger en ligne droite vers l’endroit où on souhaite aller !
Malgré tout cela, je reste du bon côté du ruisseau que je considère être principal et j’arrive enfin en vue des bergeries. Ouf !

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Rien ni personne en vue, hormis quelques chevaux qui y pâturent en liberté ! Je sais que le refuge se situe un peu plus haut sur les pentes de l’Incudine que j’aperçois devant moi, mais j’ai beau chercher, je n’aperçois que des installations un peu plus modernes qui me semblent dans le même état d’abandon que celles où je me trouve !
Tant pis, je m’installe ! Il est un peu plus de 17:00 et je suis réellement fatigué. Je n’irai pas plus loin ! Les lits sont aménagés sur deux étages ! Etant seul, j’ai le choix !
Bain de pieds apaisant à l’eau glacée provenant d’une source située sur les hauteurs.

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Moins évident pour la popote ! Comme je n’ai pas de gaz, je me sers du petit réchaud militaire avec pastilles d’alcool données avant le départ par un copain ! Pratique, mais assez long pour chauffer un gamelle d’eau. Comme je ne veux pas prendre le risque de faire un feu pour accélérer la cuisson de l’eau, je patiente en augmentant le nombre de pastilles ! Je commence par une bonne soupe « hot arrabbiata tagliatelli », pour continuer par des pâtes au bœuf, avant de terminer par une compote pomme-fraise-banane ! 

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Soirée tranquille ! De ma cabane, je contemple l’Incudine en me demandant si demain je ferai l’effort d’y grimper, lorsque derrière un bloc de rochers j‘aperçois une partie du refuge un peu plus moderne que l‘endroit où je suis et quelqu‘un qui referme une porte derrière lui !

Tant pis, pas vraiment le courage de tout remballer et remonter la pente pour aller entamer une petite conversation avec quelqu’un qui ne comprendra peut-être pas ma langue !
Je préfère aller me coucher et m’endors rapidement ! Du moins un certain temps !                                                  

Nuit difficile: cloches des chevaux qui tintent à qui mieux mieux, crampes aux pieds, aux mollets, aux mains, bestioles qui me grignotent de partout,…. C’est pas marrant !

A suivre…

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09:54 Écrit par Codorando dans Marches 2013 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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